Entre clinique du sujet et clinique
de l'institution
Résumé :
Lors d'une hospitalisation au long cours, nous entreprenons des actions
thérapeutiques, souvent de nature institutionnelle, dans une perspective de
changement, de mobilisation des investissements et d'évolution positive de
l'état de santé du patient. C'est par exemple, proposer au patient atteint de
troubles psychotiques graves, hospitalisé depuis quelques années en unité
d'admission à temps plein, un mode
différent de prise en charge s'appuyant sur des temps d'hospitalisation,
partiels et spécifiques. Cette proposition est faîte également pour des
patients atteints de troubles psychotiques dont l'acuité et la disharmonie sont
moindres, pris en charge au long cours dans un service d'admission à temps partiel, tel que l'Hôpital de
jour. Cependant, nous partageons souvent cette impression d'avoir
"épuisé" les ressorts de l'intervention psychiatrique et les réponses
du côté du patient qui parvient à placer l'équipe pluridisciplinaire dans ces
positions que nous pourrions identifier comme l'ont fait certains auteurs, en
traitant de la question du "burn-out" par exemple.

Dans cet article, nous distinguerons le traitement de la chronicité
propre au processus de la maladie mentale et le traitement des situations de
chronicisation comme le rappelle clairement la circulaire du 14 mars 1990. Nous
montrerons en quoi les situations de chronicisation sont prégnantes, et du côté
d'un discours soignant, et du côté d'une position clinique; à partir de ce
discours et de cette position, nous proposerons un point de vue critique et une
démarche thérapeutique spécifique à la prise en charge des patients nommés
chroniques.
Nous illustrerons nos propos par une documentation traitant dans des champs théoriques
différents de la question des chronicités.
Mots clés : institution hospitalière, troubles psychotiques, situation de
chronicisation, fonction contenante et approche multifocale.
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